Les handicaps de plat ou le postulat égalitaire

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Par L'équipe Boturfers, le 22/12/2015
Mots-clés de l'article : handicap galop méthode

De toutes les catégories de courses répertoriées dans la discipline du plat, il existe une vérité partagée par la communauté hippique ; les courses à handicap sont de loin les plus difficiles à décrypter.
Il n’est pas rare, après l’arrivée de ce type de course, d’avoir envie de manger son chapeau ou à défaut, son journal hippique préféré, face à l’intrusion d’un ou plusieurs innommables « tocards », sortis de nulle part, venant égayer de façon substantielle les rapports.

Nous allons essayer, par une approche statistique, de voir s’il n’existe pas quelques critères rationnels, quelques failles dans le système de handicap qui nous permettraient de sélectionner de façon rentable des partants dans les courses de quinté à handicap.

Quelle est donc, alors, la nature de ce fameux handicap ?

Les instances qui organisent les courses ont décidé d’organiser des compétitions permettant, en théorie, d’offrir à chaque cheval, par nature différent de ses adversaires, la possibilité de concourir à armes égales en agissant sur les performances par un système de variation du poids porté, le poids devenant ainsi, le nerf de la guerre.

Le handicap c'est du poids ajouté à un partant sous la forme de lest de plomb.

Un néophyte du monde des courses hippiques s’étonnera forcément qu’une telle masse musculaire d’environ cinq cents kilos puisse être affectée par une variation de deux ou trois kilos, et pourtant …

Comment le poids porté par un cheval est-il déterminé ?

Le niveau des handicaps de poids est identifiable par sa « référence ». Tout comme les compétitions de football sont organisées par divisions, les handicaps de plat le sont suivant le niveau des compétiteurs. Ainsi, plus la référence sera basse, plus le niveau de la course sera élevé. Cette valeur figure systématiquement dans le descriptif de course publié dans la presse hippique. Elle pourra être double si la compétition est ouverte à de jeunes chevaux affrontant leurs aînés. Les courses mixtes, par contre, ont une référence commune aux deux sexes.
Le niveau des compétiteurs est lui, défini par une valeur théorique, nommée la « valeur handicap ». Cette valeur est attribuée par des « handicapeurs » (d’anciens entraîneurs ou jockeys) qui ont pour mission de la faire évoluer, au gré des performances du cheval.
Le cheval sera ainsi crédité de sa première « valeur handicap » au bout de trois courses. Elle sera au minimum de 17 et pourra atteindre 60 et plus. A partir de 50, on pourra dire avoir affaire à un crack de valeur mondiale. Pour les handicaps, la valeur maximale sera de 43.
Au-delà, le cheval sera trop chargé et devra envisager de concourir dans d’autres catégories de courses.

Ces deux valeurs étant connues, « référence du handicap » et « valeur handicap » du cheval, le poids réel porté par le cheval sera obtenu en les additionnant.

Exemples :

  • Pour un handicap de référence 20, un cheval pris en valeur 40 portera 60 kilos.
  • Pour un handicap de niveau inférieur de référence 22, le même cheval portera 62 kilos

Ce poids étant constitué du poids du jockey et du lest de plomb ajouté dans la selle, si nécessaire. Ce système aboutit à faire se confronter les chevaux sous un poids variable, dans une fourchette de l’ordre de 5 à 10 kilos.

Comment la « valeur handicap » d’un cheval évolue-t-elle et quelles-en sont les conséquences?

C’est tout l’art du handicapeur que celui de faire évoluer le niveau de handicap d’un cheval (les polémiques avec les entraîneurs sont monnaie courante). Le caractère de ces performances antérieures à la course du jour aura donc des conséquences positives, négatives ou sans effet sur la valeur d’un cheval d’un handicap à l’autre.

Nous pouvons donc distinguer quatre catégories basées sur la valeur du cheval qui feront l’objet de notre première étude en mesurant notamment leur impact sur la réussite au jeu simple gagnant et placé :

  • La hausse de valeur
  • La baisse de valeur
  • La valeur est stable
  • Le cheval dispute son premier handicap

Dans un premier temps, notre étude portera sur les handicaps, supports de la course du quinté, courus en 2015 de janvier à octobre.
Tout d’abord, observons la répartition des partants pour chaque catégorie en sachant que le nombre de partants par course varie de 13 à 20 unités.

 Baisse de valeurHausse de valeurValeur stablePremier handicap
Nombre de chevaux508304909205
% total des partants26 %16 %47 %11 %
Répartitions des partants des courses de quinté à handicap de 2015 selon l'évolution de leur handicap.
- Répartition des partants par catégorie -

La catégorie la plus représentée sur une population d’environ deux mille individus, avec près de la moitié des partants, est celle des chevaux ayant une valeur handicap n’ayant pas bougé par rapport au précédent handicap. Ces chevaux, de par leur dernière performance dans le dernier handicap couru n’ont évidemment pas été pénalisés mais le handicapeur n’a pas jugé qu’ils aient été en totale perdition. Généralement, ces chevaux ont terminé dans les 6 à 8 premiers de leur dernier handicap sans l’avoir gagné (voir étude approfondie).

La deuxième catégorie la plus représentée est celle des baisses de valeur. Ces chevaux restent en général sur plusieurs contre-performances, n’ayant pas terminé dans les 10 premiers des derniers handicaps courus.

La catégorie des hausses de valeur est très faible. Ceci est logique dans la mesure où la pénalité au poids survient, en général, seulement après une victoire dans le dernier handicap couru (parfois après une autre catégorie de course). Les partants d’un handicap ne sont évidemment pas tous, dans ce cas de figure.

Quant aux chevaux, disputant leur premier handicap, la catégorie la moins représentée, ce sont principalement de jeunes chevaux de 3 ou 4 ans. Soit ces chevaux concourent dans des handicaps réservés à leur classe d’âge, soit ils ferraillent avec leurs aînés à partir du mois d’août pour les 3 ans ou dans les premiers mois de l’année pour les 4 ans un peu tardifs.
L’occasion pour ces chevaux, de courir, est moindre et les statistiques s’en ressentent.

Taux de réussite en pari gagnant en fonction du handicap

Il s’agit maintenant, d’avoir une approche qualitative pour chacune des catégories, en observant les différents pourcentages de réussite et de rentabilité, au jeu simple gagnant et placé.


Baisse de valeurHausse de valeurValeur stablePremier handicap
Nombre de chevaux1921738
% du total des gagnants15.70 %17.36 %60.33 %6.61 %
Répartitions des gagnants des courses de quinté à handicap de 2015 selon l'évolution de leur handicap par rapport à leur précédente course.
- Répartition des gagnants
en fonction de l’évolution du handicap -

Première constatation, la catégorie « valeur stable » écrase la concurrence, devançant largement les 3 autres catégories. Cette proportion épouse, un peu à la hausse, sa représentativité en nombre de partants par catégorie.

Ensuite, nous avons les deux catégories concernées par la variation de la valeur handicap.
Et là, petite surprise, les chevaux remontés au poids devancent légèrement les chevaux ayant vu leur poids baissé, ce qui est contraire à leur représentativité par nombre de partants. A méditer …

La catégorie « premier handicap » est la moins représentée. Il existe une logique statistique nombre de partants/nombre de gagnants. Il faudra voir dans l’analyse approfondie par catégorie, s’il s’agit de la seule et unique raison.

Taux de réussite en pari placé en fonction du handicap


Baisse de valeurHausse de valeurValeur stablePremier handicap
Nombre de chevaux677019829
% du total des placés18.41 %19.23 %54.40 %7.97 %
Répartitions des chevaux placés dans les courses de quinté à handicap de 2015 selon l'évolution de leur handicap par rapport à leur précédent handicap.
- Répartition des placés
en fonction de l’évolution du handicap -

Comme on peut le constater, le profil de la répartition est très similaire à celui que nous avons pu observé dans le cas des gagnants.

Du point de vue du nombre, si l'on compare chaque catégorie on observe sans surprise un facteur multiplicatif d'environ 3 entre gagnant et placé, ce qui est tout à fait normal puisque dans chaque course il y 1 gagnant et 3 chevaux placés.

A ce stade, les deux types de pari offrent donc une certaine similitude en termes de représentativité par catégorie, si ce n’est un léger rééquilibrage entre les catégories valeur stable et valeur corrigée.

Rentabilité des différentes catégories en pari simple placé et gagnant.

Voyons maintenant, la deuxième partie de l’analyse, celle concernant le rendement de chaque catégorie pour les deux types de paris.

Petit rappel : le rendement est obtenu en multipliant le pourcentage de réussite par le rapport moyen des chevaux payés par l’opérateur de prise de pari (les chiffres pris en compte dans notre étude, pour le calcul du rapport moyen, sont ceux du PMU sur la base de 1 € misé).
Il est calculé à masse égale, sans gestion financière ou application de martingales.

Un rendement situé de part et d’autre de la barre des 100 % correspondra à une variation du capital engagé dans les paris.


Baisse de valeurHausse de valeurValeur stablePremier handicap
Nb chevaux508304909205
Nb payés1921738
% réussite3.74 %6.91 %8.03 %3.90 %
Rapport moyen14.4112.4510.4911.81
Rendement53.90 %86.00 %84.24 %46.09 %
Bilan financier-234 €-42 €-143 €- 110 €

Les pourcentages de réussite sont forcément très faibles, vu le nombre de partants par course et le nombre réduits de chevaux payés. Le rapport moyen, par contre, oscillant entre 10 et 15 € est intéressant.
Cela ne suffit pas pour en faire des rendements supérieurs à 100 %. Toutes les catégories sont déficitaires.
En termes de rendement, les 2 catégories les moins dispendieuses, sont sans contestation, « hausse de valeur » et « valeur stable ».
Pour rendre ce type de pari bénéficiaire, il faut impérativement obtenir un pourcentage de réussite d’au moins 10 % - le seul levier étant la restriction du nombre de chevaux joués.


Baisse de valeurHausse de valeurValeur stablePremier handicap
Nb chevaux508304909205
Nb payés677019829
% réussite13.19 %23.03 %21.78 %14.15 %
Rapport moyen5.034.613.524.94
Rendement66.34 %106.15 %76.67 %69.88 %
Bilan financier-170 €19 €-212 €- 62 €

Les chevaux ayant subi une hausse de leur handicap depuis leur précédente course ont un bilan financier positif en pari simple placé.

Les statistiques obtenues pour le jeu simple « placé » épousent sensiblement celles du jeu simple « gagnant » avec une différence notoire car une catégorie, celle de « hausse de valeur » présente un bilan positif, confirmant en cela sa bonne tenue face au jeu simple « gagnant ».
Pour l’ensemble des catégories, le rendement « placé » est supérieur au rendement « gagnant », excepté pour la catégorie « valeur stable ».

Premières conclusions

A la lecture de cette première analyse, il transparaît que pour gagner de l’argent en pariant sur les courses de quinté à handicap, il est préférable de jouer :

  • Au jeu simple placé
  • Les chevaux pénalisés au poids
  • Et surtout, diminuer le nombre de chevaux joués…

C’est pourquoi, nous nous attacherons, dans la suite de cette étude, portant sur les quintés disputés dans des handicaps de plat, d’explorer les catégories de façon plus spécifique, afin de dégager des pistes pour en améliorer leurs pourcentages de réussite et donc leurs rendements respectifs dans les deux types de paris.