Comprendre la cote pmu

La notion de cote est essentielle dans les paris hippiques. La cote des paris hippiques est différente de la cote dans les autres paris sportifs dans la mesure où les paris hippiques sont mutualisés. Cette différence est source de nombreuses incompréhensions de la part des novices en paris hippiques, qui sont souvent habitués au principe des cotes « fixes » appliquées dans les autres disciplines sportives. La cote diffère donc entre les bookmakers turf, non pas en raison d'un coteur différent mais en raison du volume des paris.

Plus la cote est basse, plus le gain sera faible

Bien entendu la cote hippique reflète l’importance du gain espéré en cas de réussite du pari comme dans le cas de toute discipline sportive, mais la cote indiquée au moment de la prise du pari ne sera pas celle utilisée pour le paiement des gains. C’est un élément très important à prendre en compte : au turf, il n’y a pas de coteur comme dans les autres sports, la cote finale est fixée par l’ensemble des enjeux misés.

Cote fixe et pari mutualisé

Le pari mutualisé, qui régit notamment les paris sur les courses hippiques, s’oppose au pari dit à cote fixe très souvent pratiqué dans les pays anglo-saxons. Dans le cas du pari à cote fixe, un coteur qui travaille au service d’un bookmaker, fixe la cote en fonction de son analyse de l’évènement sportif (dans notre cas une course hippique) et le bookmaker encaisse les paris sur la base des cotes établies par son coteur. Avant l’avènement du pari mutualisé, le coteur et le bookmaker étaient une seule et même personne qui officiait sur les hippodromes afin de collecter les paris et reverser les gains. Les paris étaient à cote fixe, c'est-à-dire qu’en cas de victoire, le gains versé correspondait à la valeur de la cote au moment de la prise du pari multipliée par la mise. Dans le cas des cotes fixes, le bookmaker est directement intéressé par le résultat de la course, en effet, il conservera les mises de tous les joueurs ayant parié sur des chevaux perdant amputés de la somme à reverser aux joueurs gagnants. En fixant habilement les cotes, le bookmaker peut facilement gagner beaucoup d’argent. Aujourd’hui par extension, on parle de bookmaker dans le cadre des paris hippiques mais depuis la mise en place des paris mutualisés sur les courses de chevaux ce n’est plus un terme tout à fait approprié. En effet, dans le cadre du pari mutuel, l’organisme qui encaisse les paris (que l’on nomme donc par abus de langage bookmaker) n’est absolument plus intéressé par l’issue de la course. L’ensemble des enjeux misés par les turfistes est mis dans un pot commun puis redistribué aux gagnants au prorata de leurs mises (pondéré par la cote du cheval sur lequel ils ont misé) après soustraction d’un prélèvement effectué par le bookmaker (fixé par la loi et qui dans le cas du pmu est de 15% environ) et qui permet de financer les société organisatrices des courses hippiques, les taxes et le bookmaker lui-même.

Comment est calculé la cote d’un partant ?

Le calcul de la cote d'un partant n'est réalisable que par le bookmaker car il tient compte du volume de pari sur chaque partant pour un type de pari donné

La cote finale d’un partant est donc établie à posteriori, lorsque l’ensemble des paris sur la course a été encaissé. En calculant le nombre de joueurs ayants parié sur une combinaison et le montant des paris sur cette combinaison par rapport au montant collecté sur le type de pari correspondant, le bookmaker est en mesure d’afficher la cote finale pour chaque combinaison gagnante. On parle alors de rapport puisque la cote correspond au facteur multiplicateur qui permet de calculer les gains. Aucun bookmaker n’affiche de cote pour les paris complexes avant la fin de la course. La cote qui est affiché pour chaque partant avant la course correspond à la cote calculée sur la base des paris effectués au jeu simple gagnant. En pariant sur un partant, le turfiste va donc faire évoluer sa cote à la baisse tout en faisant monter la cote des autres partants de la course. Cette évolution sera d’autant plus forte que le montant du pari sera élevé, pondéré toutefois par le montant total des paris effectué sur ce partant. Ainsi, dans des petites courses, les cotes peuvent fluctuer rapidement sur la base de seulement quelques paris, car la somme totale des paris est faible, par contre, dans les courses hippiques de renom, une évolution de cote est généralement très significatives, car cela signifie qu’elle est issue d’un pari d’un montant très important (plusieurs milliers d’euros) : faut-il suivre ? Tout dépend si le turfiste qui a fait le pari est un parieur averti ou juste un flambeur...

Pourquoi la cote évolue ?

Comme nous l’avons vu précédemment, la cote évolue donc tout au fil du temps en fonction des paris effectués par les turfistes. On distingue principalement 3 cotes : la première cote, la cote actuelle et la cote finale. La première cote est généralement publiée la veille de la course et correspond à une cote probable du partant. La cote actuelle est publiée par les bookmakers le jour de la course à partir de 10h généralement. Dans le cas du PMU, la cote est mise à jour toutes les 30 minutes puis toutes les minutes à 10 minutes du départ de la course. La cote finale est publiée une fois la course terminée, après calcul du montant total encaissé sur chaque combinaison.

Avant l’ouverture des paris hippiques et la prise des paris via internet, la cote du matin représentait plus de 90% de la somme totale des paris pris sur une course, dès lors on savait qu’une évolution de la cote quelques minutes avant la course pouvait constituer un signal fort. Mais aujourd’hui, de plus en plus de turfistes ont pris conscience qu’il était très important d’attendre le dernier moment (contrairement aux paris sportifs) pour avoir le plus d’information possible sur la course (notamment les non partants) avant de placer un pari étant donné que la cote est mutualisé, il est donc devenu très difficile de corréler les évolutions de cotes tardives avec un signal fiable pour faire le bon pronostic.

Doit-on prendre en compte la cote d’un partant dans un pronostic pmu ?

La question est très intéressante et mérite d’être posée. Comme indiqué précédemment, la cote reflète l’intérêt des parieurs pour un partant. Faisons l’hypothèse que l’ensemble des parieurs soit systématiquement en mesure de faire le meilleur pronostic pour la course, dans ce cas, ils parieront tous sur le même cheval, sa cote sera de 1 et la cote de tous les autres partants explosera. Bien entendu, ce modèle idéal n’est pas réaliste, et en outre il ne serait pas intéressant pour les parieurs puisque les paris ne rapporteraient à chacun que sa mise initiale et donc aucun profit. Certes on ne perd rien, mais on ne fait pas non plus de bénéfice. Les paris deviennent donc intéressants à partir du moment où une partie des joueurs se trompent en faisant son pronostic turf.

Si on est en mesure d’étudier correctement l’ensemble des critères qui composent la course (les partants et l’ensemble des conditions des courses), alors il est inutile de tenir compte de la cote pour construire son pronostic hippique pour une course. Gardez toujours à l’esprit que la cote reflète le pronostic des autres joueurs qui sont dans la grande majorité des turfistes débutants, voir des joueurs occasionnels. Pire encore, de nombreux bookmakers proposent des paris « automatiques » pour les joueurs qui n’y connaissent rien, ces systèmes de pari misent sur les partants disposant des cotes les plus basses pour suivre la masse et accentuer la tendance prise par la cote.

Il est donc fortement déconseillé d’étudier la cote lors de la création d’un pronostic, par contre il est primordial de tenir compte de la cote lors de la prise d’un pari (donc après la création du pronostic). En effet, en étudiant la cote au moment de la prise du pari, on s’assure de placer le pari chez le bookmaker le plus avantageux (celui qui propose la cote la plus élevée) si la cote est suffisamment intéressante, voir même on ne place pas de pari si la cote n’assure pas un gain suffisant. Beaucoup de joueur décide de placer leur pari même si la cote est très basse en se disant que de toute façon, leur pronostic est fiable et que c’est même un signe encourageant d’avoir une cote basse, cela signifie qu’ils ne se sont pas trompés puisque de nombreux joueurs parient aussi sur le même partant. Or une course hippique est soumise à des imprévues (chutes, disqualifications, etc.) qui génère une part de hasard qui ne doit jamais être négligée, cette part de risque dissuadera un joueur averti de placer un pari si la cote est trop faible car l’espérance mathématique associé à cet évènement est négative.

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